La microfinance au service des plus petits

13 10 2006

Le microcrédit est recompensé cette année par le prix nobel de la paix en la personne de Muhammad Yunus. Avec l’aide de la Grameen Bank (litérallement banque du village), le nobel de cette année a permis à des populations pauvres d’avoir également accès à des instruments financiers pour mener à bien leurs microprojets.

L’approche repose sur un constat d’échec des politiques de développement et différents fonds que les organismes internationaux allouent à ces pays. Cette aide existe belle et bien mais ses canaux de transmission font que leur efficacité est assez réduite. Des études ont montré qu’une bonne partie de ces aides n’arrivaient pas aux populations les plus pauvres, dispersées entre les multiples intermédiaires qui interviennent dans la chaîne. Ces états ne sont pas en mesure d’assurer pleinement un rôle de prêteur privé. D’autant plus que la faillite des banques étatiques (entre les années 1970-1980) n’a fait qu’accentuer le phénomène. C’est à ce niveau que le reseau établit par les structure de microcredit sont les plus efficaces puisqu’implanté majoritairement dans les zones rurales.

Ces microcrédits soutiennent surtout l’activité artisanale, les bénéfices sont doubles puisque la dimension culturelle est également associée à la dimension économique. Les coûts relativement faibles pour démarrer une activité et la notion d’auto-emploi font que ces crédits sont spécifiques aux genres de problèmes auquels font face ces artisans (tisserands, menuisiers, forgerons, etc…). Même si on crédite à ces usuriers d’appliquer des taux d’intérêts assez élevés (environ 30% par an dans certains cas), on reste tout de même en-dessous des taux appliqués par les mécanismes de financiement informels.

Il faut aussi dire que ce n’est pas un phénomène nouveau en soit, les tontines, “banquiers ambulants” et usuriers peu scrupuleux ont souvent joué leur rôle de prêteur en dernier recours. Graduellement ce modèle a dérivé vers un cadre plus ou moins structuré, c’est alors l’ère des coopératives et celle des Organisations Non Gouvernementales.

A présent il faudrait éviter de tomber dans le dithyrambisme aigue. Un microcrédit ne se traduira pas automatiquement par une réussite, le crédit n’est qu’une des composantes et certainement pas la finalité. Une des réalités du  terrain c’est aussi la difficulté pour certaines institutions de microcrédit d’atteindre l’équilibre. Au final la microfinance est certes un modèle économique et social qui permet de déboucler certaines situations délicates mais n’est en aucun la solution miracle à la pauvreté dans le tiers-monde. Ce système a été mis en place pour palier à un dysfonctionnement flagrant des politiques de développement, ces dernières ne doivent pas pour autant s’absoudre de leur rôle !

En toute logique la prochaine phase d’évolution de la microfinance serait vraisemblablement de passer de la “finance de subsistance” à la “finance pour des moyens d’existence”. C’est dans ce sens, à mon avis, que la reflection devra être menée.





Tour de magie – lévitation

8 10 2006

La lévitation a toujours été l’objet de plusieurs fascinations. Par l’illusion ou la suggestion, bon nombre de personnes essaient de nous persuader de l’existance de ce genre de phénomène. En physique, l’effet Meissner permet de réunir les conditions rendant ce genre d’expérience réelle. Il est possible de faire flotter des objets en se servant grosso-modo d’un champ magnétique.

Pour l’expérience, il faut un matériel spécifique en céramique supraconductible, du nitrogène liquide (pour refroidir le matériel) et un aimant. La démonstration en vidéo.

VIDEO Youtube

Application pratique me direz-vous, en dehors de cette expérience ? Et bien les trains à sustention magnétique, maglev, utilisent ce principe.

En fait ce billet est surtout un prétexte pour aborder le désintérêt pour la science chez les plus jeunes. Comprendre le monde qui nous entourre et les “vérités” qui régissent notre quotidien devraient attirer son lôt de curiosité. Pourtant on ne se bouscule pas pour faire des études scientifiques. Une des incompréhensions notoires de ce phénomène trouve sa source dans la concomitance entre sciences et technologies. La technologie étant de plus en plus présente dans notre quotidien, elle nous donne l’impression de dompter la science. Or le domaine de la science est plutôt celui de la recherche et c’est la recherche qui est porteuse d’innovations. Cette dichotomie est importante.

D’autre part le caractère austère des matières scientifiques auprès des jeunes vient le plus souvent d’une mauvaise approche pédagogique du problème. On peut très bien apprendre les sciences de manière ludique. Le plus important est de garder un intérêt et une curiosité permanente des cours que l’on donne. Un des grands reproches que l’on fait aux mathématiques par exemple, c’est leur caractère abstrait. Si à chaque cours abordé on arrive a expliquer de façon terre à terre les concepts et montrer des exemples pratiques, nul doute que ces élèves n’auront pas la phobie des sciences.

L’univers audio-visuel n’est pas en marge, il peut aussi contribuer à mieux familiariser les jeunes avec la science. Je pense notamment à ma génération, on avait McGyver comme série phare qui passait à la télévision. Aujourd’hui il y a Numb3ers qui mélangent mathématiques et criminologie (la phrase du générique “We all use math everyday” parle d’elle même), CSI les experts qui se base sur des éléments de médecine légale, ballistique, analyse d’ADN.