La TV d’aujourd’hui et de demain…

18 05 2007

Depuis l’avènement de Youtube, ou plus généralement des contenus visuels sur internet, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec la TV. Déjà qu’internet détourne une grande portion du temps que l’on alloue à la TV, à présent avec les débits que les fournisseurs offrent et les différentes alternatives disponible sur la toile petit à petit les clics de souris s’invitent dans « le salon ».

Cependant je ne pense pas que l’heure de la TV telle qu’on la connaît soit arrivée à sa fin. Bien entendu elle doit se reformer, comme Loic le formule (pourquoi la TV pue) une période d’adaptation s’impose.

A vrai dire la TV a déjà entrepris depuis un petit temps sa reforme. Gamin, l’émission Rap City (au début des années 90) proposait aux téléspectateurs de choisir les clips qu’ils voudraient voir : au bas de l’écran défilaient les noms d’artistes avec des numéros, en joignant le standard on pouvait choisir le clip que l’on souhaitait voir. Certes le concept est vite limité mais c’était un pas en avant pour donner au téléspectateur plus de liberté. Bien que payante, l’apparition de chaînes thématiques s’inscrit également dans cette perspective. Le modèle de base de Canal plus est aussi un exemple intéressant avec ses multiples rediffusions (à l’époque quand j’étais abonné, un film était diffusé 7 fois, à des heures différentes, durant son cycle de vie dans la programmation).

Ce concept de liberté (ou dirais-je de contrôle) est un élément central chez le téléspectateur : magnétoscope, location, rediffusion, etc… cherchent plus ou moins à combler ce désir de contrôle. Aujourd’hui il devient de plus en plus pesant puisque les alternatives naissantes sont soit illicites, soit onéreuses. Et c’est la raison pour laquelle la TV d’aujourd’hui doit se reformer.

Etant un grand fan de basketball et surtout de NBA par exemple, je me préoccupe plus tellement des programmations TV pour voir un match, des logiciels peer to peer permettent de voir en direct des matchs NBA, encore mieux compte tenu du décallage horaire dès la fin de la diffusion du match celui-ci est disponible en téléchargement. Je peux donc automatiser la capture de ces matchs en associant le flux RSS de ces sites avec mon client bitorrent (grossomodo pendant que je ronfle le programme s’occupe du téléchargement pourqu’au réveil je puisse en disposer comme bon me semble). Ceci est un exemple parmis tant d’autre de souplesses qu’offrent internet par rapport aux médias traditionels.

Bien entendu ce genre de comportement est embryonnaire pour le moment, la TV dans sa forme actuelle règne toujours en maître et la transition sera probablement lente, mais cela permet d’entrevoir déjà les défis à venir.

Pour entamer la réflexion on peut prendre comme départ l’industrie de la musique mais surtout celle des radios qui de part leur forme intègrent plus facilement la transition : diffusion numérique, streaming, podcast. La majorité des radios disposent à présent de cette souplesse et dans cet espace force est de constater que plus ces reformes sont effectives plus ces grands médias sont renforcés. L’émergence de radios alternatives sont à présent confronté de face aux grands conglomérats puisque l’écart technologique est de plus en plus réduit. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle je ne crois pas du tout à l’agonie annoncée des grands groupes télévisuels. Il y a des formats qui seront plus propices à prendre les devant dans cette période de transition, je pense notamment aux contenus épisodiques. A terme, fournisseurs de contenu et fournisseurs d’accès internet ne feront plus qu’un et c’est peut-être la carte à jouer.

A suivre…





L’espérance de vie…

1 02 2007

L’espérance de vie augmente c’est un fait, mais est-ce que cela veut dire pour autant qu’on vivra mieux plus longtemps ?

Je viens de tomber sur un fait divers relaté dans le journal le soir. D’autre part, j’ai un cousin bénévole, qui temps en temps accompagne des personnes souvent très âgées pour faire leur dialyse. Aujourd’hui je devais le rencontrer, on a fait une course ensemble, avec une vieille dame assez atteinte, qui marche à peine. qui nous a confié que depuis que son conjoint est mort il y a dix ans elle ne faisait plus grand chose.

Le professeur Choron disait “C’est terrible d’allonger la vie en prolongeant seulement la vieillesse”… Ce n’est pas faux…





L’environnement, succès d’estime ?

30 01 2007

Avec tout ce battage médiatique autour de l’environnement je ne peux m’empêcher de penser à un succès d’estime. C’est-à-dire que tout le monde est d’accord pour dire que ça part en cacahuètes, mais au final peu de gens vont vraiment prendre les mesures adequates. Il faut dire que le fait qu’il y ait un parti politique (les verts) qui ont comme créneau l’environnement est une aberration en soit, c’est comme si on fondait un parti politique sur la question des droits de l’homme, non sens puisque c’est l’affaire de tout le monde, quelque soit le bord.

La question de l’environnement me fait un peu penser a la chaine de television ARTE que tout le monde aime et adore parce que ça fait bien de le dire mais que personne ne regarde. A l’opposée tout le monde admet que la télé réalité c’est de la merde, à nouveau parce que ça fait bien question image mais les audiences ne cessent de battre des records d’années en années… Les SDF, cela nous indignent à chaque fois que l’on en parle et en même temps le nombre de personne dans cette précarité ne fait qu’augmenter. De fil en aiguille, l’environnement sera aussi qu’un succès d’estime, parce que ça fait bien de le dire ou d’en parler…

Je ne connais pas votre point de vue sur la question, mais celà fait un bail que j’ai perdu foi dans la crédibilité de l’espèce humaine… Le mur on va se le prendre… Enfin peut-etre pas nous, mais on y va.





Entreprendre, mon point de vue…

4 11 2006

En tant que jeune entrepreneur je me permets de livrer quelques enseignements que j’ai appris sur le terrain, ce que les anglo-saxons appellent le “learning by doing”. Pour le moment j’arrive à la conclusion que la base et fondations de son activité est probablement l’étape la plus cruciale voir la plus importante. Je dis pour le moment parce que je n’ai pas 75 ans, et que j’ai certainement beaucoup qui me reste à apprendre…

J’ai forgé mon avis sur le fait que n’importe quelle édifice repose sur ses fondations, piliers et la façon dont la structure est homogène. Concrètement cela veut dire:

- D’abord il faut bien connaitre le secteur dans lequel on va s’engouffrer. Pour beaucoup le succès réside dans l’idée que l’on a de ce qu’on va faire, ce n’est pas faux. Mais en réalité avoir l’idée n’est qu’une des étapes, ensuite il faut par exemple savoir comment mettre cette idée en application. C’est à ce niveau qu’il est important d’avoir une expérience dans le domaine. Quand on a appris le métier en se servant de ses erreurs ou de celles des autres (les concurrents) on est mieux préparé que n’importe quel autre premier venu. Connaitre la règlementation, les astuces (comptables, fiscales), les aides et subventions que l’on peut avoir est une obligation.

- Ensuite il faut être bien entouré. Les personnes avec lesquelles on s’associe doivent avoir un même degré d’expertise si pas mieux dans le domaine. Amitié, famille, etc… à éviter. Ces relations de travail sont à éviter parce qu’on a besoin de compétences, de rigueur, de professionnalisme pour bien mener une entreprise. Si quelqu’un dans le cercle privé rempli ces qualités, il n’y a aucun problème. Le plus important c’est qu’il existe une convergence entre vos ambitions et vos associés. La personnalité des associés est également importante, par exemple une personne qui avait déjà tendance à vivre au-dessus de ses moyens, tôt ou tard il faudra la gérer. Quand on débute une entreprise, il ne faut surtout pas dilapider les fonds qui rentrent, même si ces derniers sont outrageusement énormes. C’est le genre de détail auquel on ne fait pas trop attention au début, mais qui au final peut causer sa perte.

- Dialoguer, se concerter, discuter… A partir du moment où des idées circulent, des accrochages il y en aura, et il faudra les gérer. Pour la productivité il n’y a rien de plus mauvais qu’une mauvaise ambiance de travail. Ces discussions doivent exister, il ne faut pas les éviter. Rappelez-vous, si deux associés sont toujours d’accord c’est qu’un des deux sert à rien. Maintenant ces discussions doivent être focalisé autour de l’entreprise, les idées, une fois qu’elles touchent les personnes, il faut crever l’abcès et régler le problème à la source. Cela ne sert à rien d’impliquer le reste de l’équipe, un problème local ne doit pas affecter toute une entité.

Compte tenu de ma petite expérience dans le domaine, d’autres aspects m’ont surement échappé, n’hésitez surtout pas à critiquer ou compléter, ou me faire part de votre expérience dans le domaine.





Jim Profit

4 11 2006

Profit est une série TV que Canal Plus Belgique a passé durant une saison, entre 1997-1999, je ne sais plus exactement. J’ai envie de revoir cette série controversée que FOX a eu l’audace de stopper net après seulement quatre diffusions. J’ai envie de la revoir parce que parfois il vous arrive de vouloir revoir avec un oeil d’adulte des films, relire des bouquins, etc… que l’on a aimé étant jeune.

Profit a été retiré de l’antenne de FOX parce que certains adultes, comme d’habitude, ont décidé que cette série allait à l’encontre du politiquement correcte. Ce n’est pas faux, Jim Profit represente tout ce qu’il y a de détestable chez une personne, mais dans la vie de tous les jours, la jungle urbaine, des Jim Profit on en croisera tôt ou tard sous une facette ou une autre.

Déjà jeune je trouvais absurde le fait que l’on censure certains sujets parce que je n’étais pas dans la bonne catégorie: à 18 ans je peux, mais à 16 ans je peux pas. Un peu comme le code de la route: à 100 km/h je deviens un tueur potentiel, mais à 90 km/h je ne suis plus un danger.

Quand on sort du cocon familial il y a toute une facette du monde que l’on découvre et à laquelle il n’y aura pas de censeurs à la rescousse. C’est à ce moment que l’on se rend compte que cacher la vérité ne rend pas vraiment service. En cachant cette vérité, on risque d’engendrer des personnes qui ne seront pas prêt à affronter cette jungle urbaine, et finiront par se faire marcher dessus parce que leur repère ne sont plus les mêmes.

Je ne pense pas que je reproduirais ce genre de schéma avec mes gosses. A partir du moment où ils pourront avoir une réflexion sur un sujet, au lieu de la censure c’est plutôt le dialogue, la discussion et la confrontation d’idées que je chercherais à instaurer.

A 12 ans, j’étais assis au salon avec mon père, il regardait un reportage sur la guerre qui sévissait au Liberia. A partir d’un moment, en parlant de la venue au pouvoir de Samuel Doe, le ton du commentateur change et prévient que des images terribles allaient suivre. Mon père s’est tourné vers moi et il m’a dit: “Tu as entendu le monsieur, tu peux choisir de rester ou de partir, ce n’est pas de la fiction ce qui va suivre, c’est vraiment arrivé”.

On m’a prévenu deux fois donc, cette fois j’avais le choix, je suis resté voir le reste des vidéo. C’était au bord d’une plage, des piquets avaient été érigées, une foule en liasse autour. Ensuite ils ont amené des personnes, les ont attaché à ces piquets. C’étaient les anciens ministres du régime que Samuel Doe venait de renverser. L’un d’entre eux est mort d’une crise cardiaque attaché au piquet, les autres ont été arrosés par des mitrailleuses. Ces images je les ais toujours en mémoire, comme si c’était hier. J’ai choisi de les voir parce que mon père m’a laissé le choix. Peut-être que je suis resté parce que je voulais voir cette réalité. Aujourd’hui je ne peux que le remercier de m’avoir laissé voir cette autre facette du monde tout gentil, tout beau que je connaissais jusque là. Mon baptême de feu dans la cruelle réalité de notre monde.

A 12 ans j’ai regardé à la télé ces massacres, à 12 ans d’autres enfants ont vécu ces évènements. Profit a été retiré de l’antenne parce que Jim Profit a couché avec sa belle-mère et tué son père, certaines personnes n’ayant pas pu supporté cette horreur. Et pourtant, c’est notre monde, celui dans lequel on vit. On a beau se mettre à l’écart, s’en éloigner, il est bien là et parfois plus près qu’on ne l’imagine.





La microfinance au service des plus petits

13 10 2006

Le microcrédit est recompensé cette année par le prix nobel de la paix en la personne de Muhammad Yunus. Avec l’aide de la Grameen Bank (litérallement banque du village), le nobel de cette année a permis à des populations pauvres d’avoir également accès à des instruments financiers pour mener à bien leurs microprojets.

L’approche repose sur un constat d’échec des politiques de développement et différents fonds que les organismes internationaux allouent à ces pays. Cette aide existe belle et bien mais ses canaux de transmission font que leur efficacité est assez réduite. Des études ont montré qu’une bonne partie de ces aides n’arrivaient pas aux populations les plus pauvres, dispersées entre les multiples intermédiaires qui interviennent dans la chaîne. Ces états ne sont pas en mesure d’assurer pleinement un rôle de prêteur privé. D’autant plus que la faillite des banques étatiques (entre les années 1970-1980) n’a fait qu’accentuer le phénomène. C’est à ce niveau que le reseau établit par les structure de microcredit sont les plus efficaces puisqu’implanté majoritairement dans les zones rurales.

Ces microcrédits soutiennent surtout l’activité artisanale, les bénéfices sont doubles puisque la dimension culturelle est également associée à la dimension économique. Les coûts relativement faibles pour démarrer une activité et la notion d’auto-emploi font que ces crédits sont spécifiques aux genres de problèmes auquels font face ces artisans (tisserands, menuisiers, forgerons, etc…). Même si on crédite à ces usuriers d’appliquer des taux d’intérêts assez élevés (environ 30% par an dans certains cas), on reste tout de même en-dessous des taux appliqués par les mécanismes de financiement informels.

Il faut aussi dire que ce n’est pas un phénomène nouveau en soit, les tontines, “banquiers ambulants” et usuriers peu scrupuleux ont souvent joué leur rôle de prêteur en dernier recours. Graduellement ce modèle a dérivé vers un cadre plus ou moins structuré, c’est alors l’ère des coopératives et celle des Organisations Non Gouvernementales.

A présent il faudrait éviter de tomber dans le dithyrambisme aigue. Un microcrédit ne se traduira pas automatiquement par une réussite, le crédit n’est qu’une des composantes et certainement pas la finalité. Une des réalités du  terrain c’est aussi la difficulté pour certaines institutions de microcrédit d’atteindre l’équilibre. Au final la microfinance est certes un modèle économique et social qui permet de déboucler certaines situations délicates mais n’est en aucun la solution miracle à la pauvreté dans le tiers-monde. Ce système a été mis en place pour palier à un dysfonctionnement flagrant des politiques de développement, ces dernières ne doivent pas pour autant s’absoudre de leur rôle !

En toute logique la prochaine phase d’évolution de la microfinance serait vraisemblablement de passer de la “finance de subsistance” à la “finance pour des moyens d’existence”. C’est dans ce sens, à mon avis, que la reflection devra être menée.





Tour de magie – lévitation

8 10 2006

La lévitation a toujours été l’objet de plusieurs fascinations. Par l’illusion ou la suggestion, bon nombre de personnes essaient de nous persuader de l’existance de ce genre de phénomène. En physique, l’effet Meissner permet de réunir les conditions rendant ce genre d’expérience réelle. Il est possible de faire flotter des objets en se servant grosso-modo d’un champ magnétique.

Pour l’expérience, il faut un matériel spécifique en céramique supraconductible, du nitrogène liquide (pour refroidir le matériel) et un aimant. La démonstration en vidéo.

VIDEO Youtube

Application pratique me direz-vous, en dehors de cette expérience ? Et bien les trains à sustention magnétique, maglev, utilisent ce principe.

En fait ce billet est surtout un prétexte pour aborder le désintérêt pour la science chez les plus jeunes. Comprendre le monde qui nous entourre et les “vérités” qui régissent notre quotidien devraient attirer son lôt de curiosité. Pourtant on ne se bouscule pas pour faire des études scientifiques. Une des incompréhensions notoires de ce phénomène trouve sa source dans la concomitance entre sciences et technologies. La technologie étant de plus en plus présente dans notre quotidien, elle nous donne l’impression de dompter la science. Or le domaine de la science est plutôt celui de la recherche et c’est la recherche qui est porteuse d’innovations. Cette dichotomie est importante.

D’autre part le caractère austère des matières scientifiques auprès des jeunes vient le plus souvent d’une mauvaise approche pédagogique du problème. On peut très bien apprendre les sciences de manière ludique. Le plus important est de garder un intérêt et une curiosité permanente des cours que l’on donne. Un des grands reproches que l’on fait aux mathématiques par exemple, c’est leur caractère abstrait. Si à chaque cours abordé on arrive a expliquer de façon terre à terre les concepts et montrer des exemples pratiques, nul doute que ces élèves n’auront pas la phobie des sciences.

L’univers audio-visuel n’est pas en marge, il peut aussi contribuer à mieux familiariser les jeunes avec la science. Je pense notamment à ma génération, on avait McGyver comme série phare qui passait à la télévision. Aujourd’hui il y a Numb3ers qui mélangent mathématiques et criminologie (la phrase du générique “We all use math everyday” parle d’elle même), CSI les experts qui se base sur des éléments de médecine légale, ballistique, analyse d’ADN.





Universités et internet

27 09 2006

Bien que les liens soient très étroits entre université et internet via les reseaux de partages de connaissances, la collaboration, bref l’ensemble des souplesses qu’apporte le net pour les activités académiques, l’université s’est ouverte graduellement au-delà ses propres frontières.

Le “coursecasting” est probablement l’approche la plus en vogue du moment. Après les publications de notes de cours de différentes universités, notamment celle de Berkeley, Google Video héberge cette fois plus de 250h de cours de l’université de Berkeley dans divers thèmes. On peut également saluer l’initiative française CANAL U, un projet communautaire d’universités qui met à disposition des particuliers des séries de conférences dans divers domaines. Le MIT s’y colle aussi avec son programme MITOPENCOURSEWARE.

Je n’ai jamais été un étudiant exemplaire en terme de fréquentations des cours, c’est peut-être pour cette raison que j’ai un biais positif en ce qui concerne les bénéfices qu’un étudiant pourrait retirer d’un dispositif lui permettant d’accèder à ses cours via podcasting ou videocasting. A terme, pour imager de façon humouristique, une classe d’université online ressemblerait à un professeur avec des étudiants remplacés par des enregistreurs. Serait-ce l’annonce de la disparition de l’université sous sa forme actuelle ?

Je ne pense pas qu’il faut aller jusque là. L’université c’est aussi un lieu d’échanges humains, de rencontres, de découvertes que l’on ne peut absoudre facilement en code binaire. Et pour les matières “pratiques” une présence est plutôt préférable.

Non, vraiment je prends ce genre d’initiative comme un ensemble d’outils permettant aux étudiants de mieux disposer de leur temps, d’avoir accès à d’autres lectures (notamment de grandes universités, jusque là repliées sur elles même). Du côté des professeurs, par exemple à la San Francisco State University certains professeurs mettent à disposition des étudiants des cours sous forme de videocast et utilisent le temps de classe pour des discussions ou d’autres activités.

Il est temps de réhabiliter l’internet comme un véhicule de démocratisation du savoir. Nous avons à disposition une masse de connaissance considérable accessible en un click de souris. De quoi rendre jaloux même Einstein, mais la nature humaine étant ce qu’elle on sous utilise toujours le potentiel d’internet.





Pape, religions et psychologie des foules

17 09 2006

C’est toujours épatant de voir le pouvoir des médias à l’oeuvre, et la façon dont la récupération médiatique s’effectue d’un horizon à un autre. Si vous avez douté de la veracité de l’effet papillon, vous avez ici son illustration réelle avec les propos récents de Benoit XVI à l’encontre de l’islam et de sa violence.

La propagation d’une nouvelle se fait souvent de façon distordue puisque chacun y rajoute sa petite touche. C’est ainsi qu’un banal évènement, une maladresse, devient au final un conflit. Plus les faits abordés sont flous ou ambigus, plus il est facile de leur donner le sens souhaité et plus ce fait est propice à la désinformation. L’information distordue repose principalement sur le flou généré par la source citée. L’ambiguité de cette source repose souvent sur une dualité: il faut aussi marqué un respect et une compréhension du thème abordée. C’est souvent le refuge qui crédibilisera l’impartialité de la source.

Ici il ne s’agit plus de savoir si le pape a raison ou pas dans ces propos, à la limite on pourrait même relèguer à l’arrière plan ce fait et se concentrer plus sur la propagation de l’onde de choc dans un sens comme dans l’autre et le pouvoir que l’on peut avoir sur les masses.

Cela commence très tôt en fait, déjà enfant il était fréquent que l’on entretienne des légendes urbaines sur certaines personnes. J’y pense parce que je me rappelle, quand j’étais gamin il y avait un garçon assez intelligent dans notre classe (par intelligent je veux dire qu’un 16/20 était considéré comme un échec). Par jalousie, un groupe de personnes ont décidé que ce garçon était intelligent parce qu’il récitait des paroles avant d’entrer dans la classe. Nous étions des gamins de  8 – 9 ans. Et c’est vrai que quelque fois je l’ai remarqué se parler à basse voix. Je n’ai pas cherché à aller plus loin, pour moi je venais d’avoir la preuve avec laquelle je pouvais enfin justifier ma médiocrité: les forces occultes ne sont pas avec moi.

Ce qu’il y a d’amusant dans cette histoire, c’est qu’une fois sur le trajet pour aller à l’école, j’ai partagé un bon bout de chemin avec ce garçon, j’étais impressionné par l’inexactidue de l’idée que je me faisais du personnage. En fait il ne faisait que réciter le squelette des grandes lignes des leçons antérieurs que nous avons eu, histoire de pouvoir les repliquer dès que le sujet est lancé et cela lui servait de repères. Aujourd’hui ce bonhomme est devenu un expert comptable, il ne récite plus ses leçons puisqu’il a le droit de faire son travail avec ses cahiers ouverts. Nous gardons de bonnes relations.

Au final qu’est-ce qui était vrai, qu’est-ce qui était faux ? comment est-ce que j’aurais pu le savoir. Suivre le sentiment de la foule ? Suivre l’avis que je me suis fait en cotoyant la personne ?

Quelques morales de cette histoire:
- Manipuler les foules c’est très simple, suffit de trouver un thème fédérateur, de préférence un malaise latent
- Les apparences sont souvent trompeuses et la bonne intention d’informer est louable mais suspecte à la fois
- L’information revet plusieurs facettes: comment on la comprend, mais aussi comment on s’en sert

Au final, un point pour le Pape, qui commet une maladresse dans un climat relativement tendu. Mais quelque part, les vives réactions des populasses du camp opposé ne feront que conforter son discours.

Je terminerais en disant qu’en dépit tout on continue à s’amuser à diaboliser l’autre, vice-versa. Pendant ce temps l’histoire se répête: les agents vecteurs sont confortablement assis au haut du balcon du théâtre de l’histoire et le spectacle est toujours le même depuis l’aube des temps.